
Le 26 février dernier, dans le cadre des conférences de la Ferme Digitale, Gaïago a présenté une vision à 360° de son programme carbone, réunissant experts, agriculteurs et acteurs du marché. Cette prise de parole marque un tournant : celui de la concrétisation économique du dispositif. Les 133 agriculteurs engagés dès 2022 — première promotion — percevront en moyenne 304 € par hectare au titre des trois premières années, inaugurant ainsi les premiers paiements du programme.
La conférence du 26 février a permis de mettre en perspective l’unicité et l’ensemble des dimensions du programme. Autour de la table : Isabelle Gattin, directrice de l’unité de recherche Aghyle d’UniLaSalle, Nadia Kaddouri, CEO de South Pole, Guillaume Pavy agriculteur engagé dans le programme et Francis Bucaille agriculteur, auteur, conférencier et co-fondateur de Gaïago et les dirigeants de Gaïago.
Objectif : croiser les regards scientifiques, économiques et de terrain pour proposer une lecture complète du dispositif. Du fonctionnement biologique des sols aux mécanismes de valorisation carbone, en passant par les réalités agronomiques, le programme s’affirme comme une réponse systémique aux enjeux agricoles et climatiques.
Au cœur du modèle : la mesure. Une analyse initiale du carbone des sols, suivie de deux autres mesures à 3 et 5 ans permet de quantifier précisément le carbone séquestré. Une approche qui tranche avec les méthodes déclaratives et renforce la crédibilité des crédits carbone agricoles .
Cette rigueur a d’ailleurs été soulignée par Nadia Kaddouri, CEO de South Pole, partenaire clé pour la valorisation des crédits. Elle a indiqué que le programme Gaïago Carbone figurait parmi “ les deux projets qui seront présentés à la Commission européenne en avril prochain ”. Objectif : illustrer concrètement les signaux de demande du marché et contribuer à structurer les futurs cadres de référence.
Autre point fort mis en avant lors de la conférence : l’intégration du prébiotique Nutrigeo. Ce levier agronomique, propre à Gaïago, vise à stimuler l’activité biologique des sols et à favoriser le stockage de carbone.
Pour les agriculteurs, cette approche dépasse la seule logique carbone. Elle s’inscrit dans une transformation plus large des pratiques : amélioration de la structure des sols, réduction du travail mécanique, baisse de la consommation de carburant . Des résultats visibles, qui contribuent à l’adhésion au programme.
Sur scène comme dans les champs, le message est clair : ces paiements représentent bien plus qu’un complément de revenu. Ils incarnent une reconnaissance du travail engagé. « Être rémunéré, c’est une récompense d’avoir bien travaillé », témoignait un agriculteur .
Dans un contexte où la transition agricole reste souvent peu valorisée, cette reconnaissance économique marque un tournant. Francis Bucaille, l’a souligné le programme Gaiago carbon n’exclut aucune agriculture à l’inverse de certains modèles qui pénalisent des pratiques indispensables à la réalité économique d’une production.
Avec ces premiers paiements et une visibilité croissante au niveau européen, Gaïago Carbone franchit une étape décisive. Le programme ne se contente plus de démontrer sa faisabilité : il s’impose comme un modèle structurant.
À la croisée de la science, de l’agronomie et du marché carbone, il esquisse les contours d’une agriculture capable de concilier performance, résilience et contribution climatique. Reste désormais à amplifier le mouvement. Car l’enjeu, désormais, n’est plus de prouver. À date ,Gaiago Carbone ce sont près de 52 000 hectares et plus de 1 100 engagements, la dynamique est en marche.